A cinquante-six ans, Thierry* a retrouvé son père grâce à un test ADN en 2015. Il a aussitôt souhaité changer son nom de famille et prendre celui de son père. En vain ! Il n’en a pas le droit. La justice française ne reconnaît pas les tests ADN (absents de la loi bioéthique). Par conséquent, la requête de Thierry a été jugée irrecevable par le ministère de la justice. Pour l’Etat français, Thierry (qui porte le nom de sa mère) est et doit rester fils de père inconnu !

Statue portant un glaive et une balance, représentant la justice.
La justice française refuse le droit à Thierry de porter le nom de son père américain

Porter le nom de son père, une question d’équilibre

Il a cherché le nom de son père pendant tant d’années, plus de trois décennies en fait. Le test ADN, c’était une chance, le droit de savoir enfin. Et Thierry a trouvé. Auparavant, il ne savait rien ou presque. Son père, un jeune américain, né en 1940 était passé par la France dans les années soixante : en Picardie très exactement. Thierry y est né avant de grandir en Seine-et-Marne pas si loin de là. Le jour de sa découverte, il a dit à son entourage : « Je veux porter le nom de mon père, pour moi, c’est une question d’équilibre. Je vais entreprendre des démarches ».

Notre père aurait été heureux de te connaître

C’était oublier le manque de compréhension de l’administration française. Peu après sa découverte, Thierry est entré en contact avec son demi-frère américain (son père est décédé en 1966 au Vietnam). Son aîné, né en 1960, lui a dit : « Tu es mon frère. Notre père aurait été heureux de te connaître. Tu fais partie de la famille ». Touché, Thierry s’est senti un peu plus motivé encore : il devait changer de nom. Son demi-frère lui a établi une attestation sur l’honneur, destinée au ministère de la justice français.

Pour changer de nom, c’est non !

Dans ces conditions, Thierry s’est senti soutenu dans sa démarche. Sa femme a parfaitement compris sa décision, ses deux fils aussi. Il a expliqué à sa famille que si tout s’était bien passé, il aurait porté le nom de son père depuis longtemps. Rien à faire, le ministère de la justice n’a rien voulu savoir. Ainsi, après deux ans d’attente, Thierry s’est vu notifier un refus catégorique.

Le test ADN avait réparé une injustice pesante

Aucun élément, selon le service du sceau, n’est de nature à prouver que Thierry est bien le fils de son père. Encore moins un test ADN. L’administration n’évoque d’ailleurs pas cette expérience et balaie l’attestation du propre frère du demandeur. Quoiqu’il en soit, pour Thierry, cette décision est profondément injuste. Le voilà, à l’en croire, plongé dans un état de fragilité psychologique avéré. Finalement, pour lui, porter le nom de son père, c’était réparer une injustice pesante. Et l’intéressé de parler de « ministère de
l’injustice ».

L’ADN pour aider à changer de nom ?

En fait, ces dernières semaines, Thierry a suivi l’actualité liée à l’examen de la loi bioéthique à l’assemblée nationale. Effectivement, on lui avait dit que les tests ADN en feraient peut-être partie. Si tel devaît être le cas, avait-il pensé, cela l’aiderait dans sa démarche. Rien, pas de tests ADN autorisés et reconnus en France ! Thierry ne peut que saisir le tribunal administratif sur le refus du ministère. Et espérer que l’administration française le comprenne enfin !

*Le prénom a été changé

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2 commentaires

georgia marsollier · 4 septembre 2019 à 14 h 50 min

Je suis révoltée que l’on interdisse de porter le nom de son père, la France est un des seuls pays à ne pas reconnaître le test ADN !!!!! Aberration !!!!!!

Pourquoi il faut autoriser les tests ADN en France - John Nelson, généalogiste ADN · 16 septembre 2019 à 10 h 42 min

[…] Vous n’avez pas le droit de porter le nom de votre père !Tests ADN : N’ayez pas peur ! […]

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